Guide de la phase transitoire : qui est encore traité, comment, et ce qui reste en attente.
Réponse courte : en octobre 2026, le cannabis médical en France reste accessible uniquement aux patients déjà inclus dans l’expérimentation et toujours traités. Aucun nouveau patient n’entre dans le dispositif depuis le 27 mars 2024. Pour l’accès en 2026, tout dépend encore d’un avis de la Haute Autorité de santé (HAS) et de textes non finalisés.
Non, le cannabis médical n’est pas ouvert à tous. Non, il n’est pas « légalisé ». Il existe une prolongation, pas une généralisation.
Ce qui est vrai aujourd’hui
L’expérimentation a démarré en mars 2021. Son objectif premier était de tester le circuit : prescription, délivrance, approvisionnement, suivi. Elle a pris fin le 31 décembre 2024, faute de prolongation dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025.
Depuis, le ministère de la Santé maintient une phase transitoire. Elle a d’abord couru jusqu’au 31 mars 2026. Elle a ensuite été prolongée au-delà de cette date. Selon l’ANSM, elle prendra fin 3 mois après la publication par la HAS de son avis sur son site.
Objectif affiché par le ministère : « éviter toute interruption de traitement pour les patients encore pris en charge dans ce cadre transitoire ». Pour le contexte complet, voir notre point sur la généralisation 2026.
Qui peut encore être traité : cannabis médical France, accès 2026
La règle est simple. Seuls les patients inclus dans l’expérimentation et toujours traités peuvent recevoir des prescriptions et des délivrances. C’est la formulation de l’ANSM.
Idée fausse fréquente : « si j’ai l’une des indications, je peux demander à être inclus ». Non. Depuis le 27 mars 2024, aucune inclusion n’est possible, quelle que soit l’indication.
Pour mémoire, les 5 indications de l’expérimentation, toutes en dernière intention :
- douleurs neuropathiques réfractaires (voir notre dossier douleur neuropathique)
- certaines formes d’épilepsie pharmacorésistantes
- spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux central
- symptômes rebelles en oncologie
- situations palliatives avancées
Avoir l’une de ces pathologies ne suffit donc pas en 2026. Ce qui compte, c’est d’avoir été inclus avant la clôture.
Des contre-indications existent aussi, selon l’ANSM : antécédents de troubles psychotiques, insuffisance hépatique ou rénale sévère, troubles cardio ou cérébro-vasculaires sévères.
Comment se passe la prescription
Pendant la phase transitoire, le circuit reste celui de l’expérimentation. Les mêmes médicaments continuent d’être prescrits et dispensés, par des médecins et pharmaciens habilités.
- Formation obligatoire : tout médecin ou pharmacien doit avoir suivi la formation ANSM. Elle reste exigée pour un nouveau professionnel qui reprend le suivi d’un patient déjà inclus (déménagement, départ en retraite).
- Ordonnance sécurisée pour les médicaments à plus de 0,3 % de THC, classés stupéfiants, renouvelée au maximum tous les 28 jours.
- Suivi mensuel, avec des consultations « complexes » assurées en structure de référence.
- Délivrance en pharmacie hospitalière (PUI) ou en officine formée.
- Les médicaments sont gratuits pour les patients, selon l’ANSM.
Le patient garde son attestation d’inclusion sur lui. Elle justifie qu’il peut détenir et transporter son traitement. Le formulaire de consentement indique qu’il ne doit pas conduire pendant le traitement. Sur les formes utilisées, voir fleurs, huiles, extraits, vaporisation et comment lire un taux de THC.
Différence avec le CBD de boutique
Un produit CBD acheté en magasin ou en ligne n’est pas un médicament de la phase transitoire. L’ANSM le précise : les autorisations liées au cannabis médical ne permettent une distribution que dans le cadre de l’expérimentation et de la période transitoire.
Le médicament passe par une prescription, une pharmacie formée et un registre de suivi. Le produit de boutique, non. Idée fausse : « le CBD remplace le traitement interrompu ». Ce n’est pas un substitut validé. Détails dans cannabis médical et CBD de boutique, et prudence face aux faux CBD aux cannabinoïdes de synthèse.
Perspectives
Le cadre pérenne est prévu par l’article 78 de la LFSS pour 2024. Les médicaments à base de cannabis recevront une autorisation de l’ANSM de 5 ans, renouvelable. Le 20 mars 2025, le ministère a annoncé la notification de 3 textes à la Commission européenne : cadre du dispositif, spécifications des médicaments, culture en France.
L’ANSM annonce un accès restreint : dernière ligne de traitement, prescription hospitalière initiale, indications où l’efficacité est présumée. Le projet d’arrêté cité par la HAS exclut la voie fumée. La vaporisation devrait passer par un dispositif médical dédié.
Reste la HAS. Saisie le 17 mars 2025, sa commission de la transparence doit dire si ces médicaments méritent une prise en charge. Son calendrier prévisionnel visait un avis fin du premier trimestre 2026. Au moment où nous écrivons, nous n’avons pas trouvé cet avis publié sur la page HAS dédiée. Le calendrier est donc dépassé, et aucune date officielle n’est fixée. Pour la suite côté patients, voir ce que les patients peuvent attendre en 2026-2027.
À retenir
- Aucune nouvelle inclusion depuis le 27 mars 2024.
- L’expérimentation est terminée depuis le 31 décembre 2024 ; seule une phase transitoire subsiste.
- Elle protège uniquement les patients déjà inclus et toujours traités.
- Elle prendra fin 3 mois après l’avis de la HAS, pas encore publié à notre connaissance.
- Le CBD de boutique n’est pas un médicament et ne remplace pas ce circuit.
Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour toute question relative au cannabis médical.


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