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Business du cannabis médical : les faits marquants du 26 au 30 octobre 2026

Du 26 au 30 octobre 2026, l’événement business de la semaine vient de Washington : la DEA a délivré, le 30 octobre, ses premiers enregistrements fédéraux à plus de 900 dispensaires de cannabis médical dans sept États. Ce sont les premiers agréments fédéraux délivrés à des points de vente de cannabis médical. Au Canada, la bataille Curaleaf–Aurora a connu un nouvel épisode : le régulateur de l’Alberta a rejeté la demande de Curaleaf visant à bloquer le programme d’émission d’actions d’Aurora. SNDL a publié des résultats marqués par une dépréciation de 52 M$ CA et lance une revue stratégique de sa production de cannabis. En France, le calendrier se resserre : le PLFSS 2027 arrive au Sénat et la Cour de justice de l’UE rend le 5 novembre son arrêt sur le CBD bio.

À retenir

  • 26/10 : l’Alberta Securities Commission rejette la demande de Curaleaf contre le programme d’émission d’actions « au marché » (ATM) d’Aurora.
  • 26/10 : Canopy Growth confirme l’autorisation d’un regroupement d’actions de 1 pour 5 à 1 pour 15 ; aucun ratio n’est encore fixé.
  • 27/10 : SNDL annonce un chiffre d’affaires trimestriel de 238,0 M$ CA (-2,5 %) et une revue stratégique de son pôle de production.
  • 28/10 : au Québec, près des trois quarts des consommateurs ont acheté au moins une partie de leur cannabis à la SQDC en 2026.
  • 30/10 : la DEA enregistre plus de 900 dispensaires de cannabis médical ; les fabricants et distributeurs attendent encore.
  • À venir : commission des affaires sociales du Sénat le 4/11, arrêt de la CJUE sur le CBD bio le 5/11, séance publique sur le PLFSS à partir du 9/11.

États-Unis : la DEA délivre ses premiers agréments fédéraux

Le 30 octobre, le département de la Justice a annoncé que la DEA commençait à délivrer des enregistrements fédéraux aux dispensaires de cannabis médical autorisés par les États. Cette première vague concerne plus de 900 dispensaires en Alabama, Floride, Mississippi, Dakota du Sud, Texas, Virginie et Virginie-Occidentale. Elle applique l’ordonnance du procureur général du 23 avril 2026, qui a placé en annexe III certaines activités de cannabis médical (voir notre article sur la reclassification aux États-Unis).

Les conditions sont strictes. Chaque dispensaire doit avoir déposé sa demande pendant la fenêtre initiale de 60 jours, relever d’un cadre médical d’État compatible avec le droit fédéral et les traités internationaux, et réussir l’enquête préalable de la DEA. La licence d’État ne suffit pas. Les dispensaires enregistrés doivent respecter les règles fédérales de sécurité, de traçabilité et de gestion des stocks applicables aux substances contrôlées. Selon StratCann, près de 7 000 entreprises ont demandé à entrer dans ce dispositif, et la liste des dispensaires enregistrés n’a pas encore été publiée.

Pour les opérateurs, la suite se joue en amont. Les demandes des fabricants et des distributeurs sont toujours en cours d’examen : inspections des sites, contrôles de production et attribution de quotas. Les candidats encore en attente peuvent continuer à commercer entre eux et avec les entités enregistrées. Selon StratCann, ils doivent avoir adapté leur chaîne d’approvisionnement et vérifié le statut de leurs partenaires au plus tard le 29 novembre 2026. Le texte ne couvre pas l’usage adulte, qui reste en annexe I. Le rééchelonnement plus large du cannabis suit une procédure administrative distincte, dans laquelle les derniers mémoires sont attendus le 5 novembre (voir notre point de la semaine précédente).

Rachats et offres publiques

Aurora marque un point contre Curaleaf. Le 26 octobre, Aurora a annoncé que l’Alberta Securities Commission avait rejeté la demande de Curaleaf. Le groupe américain voulait empêcher Aurora d’émettre des actions via son programme ATM pendant l’offre hostile. L’audience s’était tenue le 23 octobre. Aurora rappelle que ce programme a été annoncé en février 2026 et qu’il ne l’a plus utilisé depuis le 18 août. Son conseil recommande toujours de ne pas apporter les titres à l’offre.

Curaleaf a répondu le 27 octobre que la décision « ne change pas le débat de fond ». Il maintient que son offre valorise Aurora à environ 5 $ US par action, soit une prime de 86 % sur un cours moyen non affecté d’environ 2,75 $ US. Il reproche à Aurora de lui refuser l’accès aux données accordé à d’autres candidats. Selon Curaleaf, l’ensemble pèserait plus de 1,5 Md$ US de chiffre d’affaires sur douze mois, près de 350 M$ US d’Ebitda ajusté et au moins 40 M$ US de synergies annuelles, dans 17 pays. L’offre court jusqu’au 4 décembre. L’enjeu est européen : Aurora exploite un site certifié EU GMP à Leuna, en Allemagne, et ses ventes médicales internationales progressent surtout grâce au marché allemand (voir notre analyse d’Aurora).

Canopy Growth. Le communiqué du 26 octobre confirme le vote du 23 octobre : le conseil pourra regrouper les actions selon un ratio de 1 pour 5 à 1 pour 15, qu’il fixera seul. L’autorisation tombe si elle n’est pas utilisée dans les 12 mois. Aucun ratio ni date d’effet n’ont été annoncés à ce stade.

Résultats et restructurations

SNDL a publié le 27 octobre ses résultats du troisième trimestre. Le chiffre d’affaires recule de 2,5 %, à 238,0 M$ CA. Les ventes du pôle de production de cannabis chutent de 27,7 %, surtout parce que le groupe abandonne les fleurs séchées sur le marché canadien, jugées non rentables. La perte opérationnelle atteint 48,3 M$ CA, après une dépréciation d’écart d’acquisition de 52 M$ CA sur ce pôle. Hors éléments exceptionnels, le résultat opérationnel ajusté redevient positif (5,2 M$ CA) et le flux de trésorerie disponible atteint un record de 20,0 M$ CA.

Le groupe réduit de plus de 30 % les effectifs de son usine de Kelowna (Colombie-Britannique) et lance une revue stratégique de son pôle de production. Toutes les options sont ouvertes, des cessions d’actifs à des plans de productivité. Côté américain, SNDL détient désormais environ 92 % de l’opérateur Parallel, après une restructuration qui a réduit sa dette d’environ 842 M$ US. SNDL envisage aussi un rachat d’actions jusqu’à 50 M$ CA, à 1,92 $ CA maximum par action.

Francophonie

Québec : le marché légal gagne du terrain. Selon l’enquête annuelle de l’Institut de la statistique du Québec, relayée par StratCann le 28 octobre, environ 14 % des Québécois ont consommé du cannabis en 2026, contre 17 % en 2025. Près des trois quarts des consommateurs de 15 ans et plus ont acheté au moins une partie de leur cannabis à la SQDC, le réseau public. Seuls 46 % des 21 ans et plus s’y sont approvisionnés exclusivement.

Québec : des certificats médicaux détournés. Le 28 octobre, la Sûreté du Québec a mené des perquisitions à Drummondville, Saint-Théodore-d’Acton et Trois-Rivières contre une organisation soupçonnée d’utiliser des certificats de production de cannabis à des fins médicales, délivrés par Santé Canada, pour couvrir de la contrebande, selon Vingt55. Bilan : environ 1 950 kg de cannabis séché et plus de 600 plants saisis, trois arrestations. C’est un rappel du risque de détournement des autorisations de production à des fins médicales, un sujet que tout cadre médical doit verrouiller.

Luxembourg, Belgique, Suisse, Maroc. Pas de nouvelle annonce business notable sur la période. L’appel d’offres luxembourgeois pour l’achat de cannabis médicinal reste ouvert jusqu’au 16 novembre (voir notre guide Luxembourg et notre dossier francophonie).

Ce que cela change pour la France

Le PLFSS 2027, rejeté en première lecture par l’Assemblée nationale le 23 octobre, arrive au Sénat. La commission des affaires sociales examine son rapport le mercredi 4 novembre. La séance publique s’ouvre le lundi 9 novembre, et le vote solennel est prévu le mercredi 18 novembre. L’amendement qui voulait relancer une expérimentation du cannabis médical est tombé avec le texte à l’Assemblée (voir notre article).

Le jeudi 5 novembre, la Cour de justice de l’UE doit se prononcer dans l’affaire C-495/25, renvoyée par le Conseil d’État : un produit au CBD destiné à l’alimentation, non autorisé comme nouvel aliment, peut-il être certifié bio ? L’avocat général a conclu par la négative en juin. Ce n’est pas du cannabis médical, mais l’arrêt pèsera sur la filière française du chanvre (voir notre article sur l’affaire).

Côté patients, le cadre reste celui de la phase transitoire, décrit dans notre guide de l’accès en 2026. Les décrets nécessaires à la généralisation sont toujours attendus (voir les questions écrites restées sans réponse et ce qui se passe après le 31 décembre). Le modèle américain retenu pour le médical, avec un agrément fédéral par établissement et un contrôle de la chaîne d’approvisionnement, rappelle l’ampleur des exigences de traçabilité qui attendent aussi les futurs fournisseurs du marché français, sur des indications encadrées.

À surveiller

  • 3 novembre : résultats du troisième trimestre de Curaleaf ;
  • 4 novembre : examen du PLFSS 2027 par la commission des affaires sociales du Sénat ;
  • 5 novembre : arrêt de la CJUE sur le CBD bio (C-495/25) et derniers mémoires dans la procédure de rééchelonnement de la DEA ;
  • 9 au 18 novembre : PLFSS 2027 en séance publique au Sénat, vote solennel le 18 ;
  • 16 novembre : date limite de l’appel d’offres luxembourgeois ;
  • 29 novembre : échéance d’adaptation des chaînes d’approvisionnement pour les candidats américains en attente ;
  • 4 décembre : échéance de l’offre de Curaleaf sur Aurora ;
  • Canopy Growth : choix du ratio de regroupement ; SNDL : issue de la revue stratégique.

Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les montants et valorisations cités proviennent des communiqués des entreprises et ne préjugent pas de l’évolution future des titres.

Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour toute question relative au cannabis médical.

Sources

Par La rédaction Cannabis Thérapeutique

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La rédaction de Cannabis Thérapeutique suit l’actualité du cannabis médical en France et dans l’espace francophone (Belgique, Suisse, Québec). Chaque article s’appuie sur des sources officielles (ANSM, HAS, Légifrance, autorités de santé étrangères) ou des études publiées, est daté et mis à jour quand la situation évolue. Le site ne donne pas de conseil médical. Méthode détaillée : charte éditoriale et nos sources de référence.