Douleur, épilepsie, spasticité, cancer, soins palliatifs : la liste officielle, et ce qu’elle permet vraiment en 2026.
Réponse courte : les indications du cannabis médical en France sont au nombre de 5. Ce sont celles de l’expérimentation ANSM, reprises par la HAS pour le futur cadre. Mais en 2026, avoir l’une de ces indications ne suffit pas : aucune nouvelle inclusion n’est possible depuis le 27 mars 2024.
Non, le cannabis médical n’est pas prescrit pour « toute douleur » ou « tout trouble du sommeil ». La liste est fermée, et réservée aux situations où les autres traitements ont échoué.
Les 5 indications du cannabis médical en France
Selon la HAS, le cannabis médical est envisagé en dernière intention, en cas d’échec des autres traitements disponibles, de soulagement insuffisant ou de mauvaise tolérance. Dans ce cadre, les 5 indications sont :
- les douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies, médicamenteuses ou non, accessibles ;
- certaines formes d’épilepsie pharmacorésistantes, chez l’adulte et l’enfant ;
- la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou d’autres pathologies du système nerveux central ;
- les situations oncologiques avec symptômes rebelles liés au cancer ou à son traitement ;
- les situations palliatives avancées avec un symptôme rebelle.
La HAS précise que ces indications concernent à la fois l’adulte et l’enfant.
Ce que recouvre chaque indication
Douleurs neuropathiques. Il s’agit de douleurs liées à une atteinte du système nerveux, résistantes aux traitements existants. Pas la douleur aiguë. Voir notre dossier douleur neuropathique et cannabis médical.
Épilepsies. La HAS cite les syndromes épileptiques pharmacorésistants, les encéphalopathies développementales et épileptiques pharmacorésistantes et les épilepsies rares d’origine génétique pharmacorésistantes.
Spasticité. Elle doit être douloureuse et liée à la SEP ou à une autre maladie du système nerveux central. Un médicament distinct, Sativex, a une AMM dans la spasticité de la SEP, mais n’est pas commercialisé : voir Sativex en France.
Oncologie. La HAS liste les symptômes visés : douleur, fatigue, nausées, vomissements, troubles du sommeil, perte d’appétit, tristesse. Le cannabis médical n’est pas présenté comme un traitement du cancer lui-même.
Soins palliatifs. Situations avancées, avec un symptôme qui résiste aux autres prises en charge.
Conditions d’accès en 2026 : phase transitoire uniquement
L’expérimentation a pris fin le 31 décembre 2024. Une phase transitoire la prolonge pour les seuls patients déjà inclus et toujours traités. Elle a été prolongée au-delà du 31 mars 2026 et prendra fin 3 mois après la publication de l’avis de la HAS.
L’ANSM est explicite : depuis le 27 mars 2024, il n’est plus possible d’intégrer l’expérimentation, quelle que soit l’indication. Un médecin ne peut donc pas inclure un nouveau patient, même dans l’une des 5 indications.
Pour le détail, lisez notre guide qui peut encore accéder au cannabis médical en octobre 2026 et notre point sur la généralisation du cannabis médical en 2026.
Pour l’avenir, l’ANSM indique que l’accès restera strictement restreint : dernière ligne de traitement, prescription hospitalière initiale, indications où l’efficacité est présumée. La liste définitive dépendra des textes et de l’avis de la HAS.
Contre-indications : ce que dit l’ANSM
Avoir une indication ne veut pas dire que le traitement est possible. L’ANSM liste les contre-indications suivantes (FAQ patients et page professionnels de santé) :
- antécédents personnels de troubles psychotiques (par exemple schizophrénie) ;
- insuffisance hépatique sévère ou atteinte biologique prédictive ;
- insuffisance rénale sévère ;
- maladies ou antécédents de troubles cardio ou cérébro-vasculaires sévères (infarctus, AVC) ;
- insuffisance cardiaque grave (formulation de la page ANSM professionnels, qui cite « insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque grave ») ;
- grossesse et allaitement : contre-indication chez la femme enceinte et allaitante ; une contraception efficace doit être mise en place chez les femmes en âge de procréer.
L’ANSM signale aussi une interaction à connaître : le pamplemousse et son jus doivent être évités, car ils peuvent augmenter les taux sanguins des principes actifs. Et le formulaire de consentement indique que le patient ne doit pas conduire pendant le traitement.
Idées fausses à corriger
« J’ai une douleur chronique, j’y ai droit. » Non. Seules les douleurs neuropathiques réfractaires figurent dans la liste, et l’inclusion est fermée.
« Le CBD de boutique, c’est la même chose. » Non. Ce n’est pas un médicament. Voir cannabis médical et CBD de boutique et notre alerte sur les faux CBD.
« Le traitement, c’est forcément des fleurs. » Non. Les formes varient : voir fleurs, huiles, extraits, vaporisation.
À retenir
- 5 indications : douleurs neuropathiques, épilepsies pharmacorésistantes, spasticité douloureuse, oncologie, soins palliatifs.
- Toujours en dernière intention, après échec des autres traitements.
- Aucune nouvelle inclusion depuis le 27 mars 2024, quelle que soit l’indication.
- La phase transitoire ne concerne que les patients déjà inclus.
- Contre-indications listées par l’ANSM, dont les antécédents psychotiques, la grossesse et l’allaitement.
Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour toute question relative au cannabis médical.
Sources
- HAS – Médicaments à base de cannabis (indications et méthode d’évaluation)
- ANSM – Nos réponses à vos questions sur l’expérimentation du cannabis médical (mis à jour le 20/04/2026)
- ANSM – Cannabis à usage médical (dossier thématique, mis à jour le 20/04/2026)
- ANSM – Professionnels de santé : formation, prescription, dispensation (mis à jour le 13/08/2026)


Pingback: Douleur neuropathique et cannabis médical : le point 2026
Pingback: Cannabis et jambes sans repos : ce que dit la science
Pingback: CBD légal en France : ce qui est autorisé en 2026