L’endométriose touche des millions de femmes dans le monde et reste une pathologie difficile à soulager durablement. Face aux limites des traitements conventionnels, de plus en plus de patientes se tournent vers le cannabis médical. Plusieurs études observationnelles récentes apportent des éléments concrets sur ses effets potentiels.
Ce que montrent les études observationnelles
Une étude prospective menée en Nouvelle-Zélande et publiée en 2026 dans BMC Complementary Medicine and Therapies a suivi 28 patientes atteintes d’endométriose pendant trois mois. Elles recevaient soit une huile de CBD, soit une association CBD + fleurs de cannabis. Les résultats indiquent une baisse de la douleur pelvienne globale (de 5,46 à 3,77 sur 10) et de la douleur maximale (de 7,62 à 5,38). La qualité de vie, mesurée par le questionnaire EHP-30, s’est également améliorée de façon significative.
Plus récemment, une analyse du UK Medical Cannabis Registry portant sur des patientes suivies jusqu’à 24 mois a observé des améliorations soutenues de la douleur, de la qualité de vie, du sommeil et de l’anxiété. Les chercheurs ont également noté une réduction de la consommation d’opioïdes prescrits, avec une baisse cliniquement significative chez 26,1 % des participantes à 24 mois.
Ces données rejoignent des observations antérieures, notamment des enquêtes dans lesquelles les patientes classent le cannabis parmi les stratégies d’autogestion les plus efficaces pour les douleurs menstruelles et non cycliques.
Pourquoi le cannabis pourrait agir
Sur le plan biologique, l’endométriose s’accompagne souvent d’une dysrégulation du système endocannabinoïde (réduction des récepteurs CB1 et élévation de certains endocannabinoïdes). Les cannabinoïdes agiraient via plusieurs mécanismes : modulation de la douleur, effet anti-inflammatoire et influence sur le sommeil et l’anxiété. Ces pistes expliquent pourquoi certaines patientes rapportent un soulagement là où d’autres traitements échouent.
Limites importantes et essais en cours
Il faut rester prudent. La plupart des données disponibles restent observationnelles. Les essais randomisés contrôlés de grande ampleur font encore défaut. Plusieurs études sont cependant en cours, notamment un essai américain à McLean Hospital (produit riche en CBD) et l’essai ENDOCAN-1 en Écosse, qui teste une solution de CBD sans THC.
Certains essais de faisabilité ont aussi rencontré des difficultés de recrutement, notamment en raison de restrictions de conduite ou d’effets indésirables.
Ce qu’il faut retenir
Les données actuelles suggèrent que le cannabis médical peut améliorer la douleur, le sommeil et la qualité de vie chez une partie des patientes atteintes d’endométriose, avec un profil de tolérance globalement favorable. Il ne s’agit cependant pas d’un traitement standardisé. Toute utilisation doit se faire sous supervision médicale, en tenant compte des interactions médicamenteuses et du cadre légal local.
Les résultats des essais randomisés en cours seront déterminants pour confirmer (ou non) ces observations et préciser les posologies et formulations les plus adaptées.
Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue en aucun cas un conseil médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié pour toute question relative au cannabis médical.

